Gianfranco Bortolotti, pape de la « Dance »

« Putain les boules… c’est pas vrai… » La berline vient de partir à toute vitesse. Devant une discothèque de banlieue parisienne, la jeune fille commence à pleurer. Elle croyait avoir donné sa bague à Kelly, la chanteuse du groupe Cappella. C’était en réalité Allison, sa remplaçante. Elle sèche rapidement ses larmes : « C’est pas grave, elle est sympa, je l’aimerai aussi. ».

Kelly et Kevin, son partenaire de scène, ont été renvoyés il y a quelques mois. Elle était caissière, lui boulanger, avant de former le duo « Capella ». « Ils disaient ‘Fuck you’ aux journalistes sous prétexte d’être fatigués. Ils se prenaient pour Prince, voire Dieu ! » s’insurge Gianfranco Bortolotti, patron de Media Records. Tel est le destin de ces nouveaux groupes de musique « dance » qui se succèdent les uns après les autres sur le podium des hits parades du monde entier.

Installé à Brescia, en Italie, Bortolotti s’est construit un empire dans cette industrie florissante en seulement cinq ans. Media Records, ce sont 10 studios d’enregistrement, une cinquantaine de titres par an pour un chiffre d’affaires de 50 millions de Francs et 35 millions de bénéfice.

Il explique simplement son succès : « J’ai une meilleure sensibilité que tous les autres. ». Cet ancien étudiant en économie a débuté comme D.J. au « Paradiso », une discothèque de Brescia. Désormais, il a un chauffeur pour conduire sa Porsche, quand ce n’est pas son hélicoptère ou son hors-bord. Il compare les groupes qu’il produit à des voitures qu’il vend sous différentes options selon les marchés.

Tout est fait par ordinateurs parce que « les musiciens, ça prend de la place. ». Ses principaux employés sont donc des D.J. qui se relaient pour mixer les instruments. Pour un même morceau, les rythmes et les tonalités seront variés pour s’adapter aux différents publics.

Un morceau de dance coûte moins de 100.000 Francs à produire et peut rapporter des millions. Les D.J.’s qui travaillent pour Bortolotti ne touchent pourtant aucun pourcentage sur les ventes. Ce sont de simples salariés. « Eux c’est la matière rose, pas la matière grise » explique leur patron qui a toujours le dernier mot sur le produit fini.

Ensuite, il n’y a plus qu’à poser la voix d’un chanteur ou d’une chanteuse anonyme. Ce que le producteur italien montrera au public, dans les shows ou les vidéoclips, ce ne sont que des figurants chantant en play-back. Il les recrute sur casting, le choix se faisant grâce aux études marketing de ses collaborateurs.

Allison, la nouvelle « chanteuse » de Cappella, était grande et blonde. Il lui a fait gonfler la poitrine, les lèvres, et l’a rendue rousse. Cela ne la dérange pas, elle gagne 5.000 Francs par concert sans oublier les pourcentages sur chaque morceau. Cela représente près de 50.000 Francs par mois. Mais elle et son partenaire sont conscients qu’ils peuvent être renvoyés du jour au lendemain : « Il faut donner le meilleur de nous-mêmes sinon on dégage. ».

Published in: on 17 avril 2009 at 7:56  Comments (7)  

Célébrons les femmes, en attendant l’année prochaine…

Dessin de Freud

Dessin de Freud

Les Hommes aiment les fêtes et les commémorations. Aujourd’hui dimanche 8 mars, c’est au tour de la femme d’être célébrée internationalement, le temps d’une journée, quelques semaines après les enfants soldats (12 février), le patrimoine canadien (16 février) et les maladies rares (28/29 février). Elle laissera ensuite la place à la brutalité policière (15 mars), la francophonie (20 mars) ou encore au sommeil (21 mars). Chaque journée dédiée à un sujet en particulier apporte son même lot de statistiques et autres commentaires, notamment en France. Les femmes ne dérogent pas à la règle, et il faut redoubler d’imagination pour donner vraiment du sens à cette journée.

Les éternels chiffres sur la parité et les inégalités professionnelles reviennent en force, mais ne sont pas suffisants pour faire changer les mentalités. À Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) par exemple, on a fêté dès hier la femme et cela d’une manière originale : des élus du Conseil municipal, dont le maire Jacques Salvator, ont décidé de reprendre en chœur les fameux « Monologues du Vagin » de l’Américaine Eve Ensler.

Très attendues, les Chiennes de garde, qui célèbrent leur 10e anniversaire cette année, se sont contentées vendredi de décerner des prix dont les gagnants n’auront sans doute pas à être fiers. Pas de grande surprise concernant les vainqueurs des « Machos de l’année » : un Archevêque, un comique de plateau télé et un dessinateur de Charlie Hebdo, qui ont tous les trois gratifié les médias de leurs commentaires sexistes. Il sera ainsi conseillé à ces joyeux lauréats, et à tous les hommes d’ailleurs, d’aller relire Simone de Beauvoir… mais juste aujourd’hui !

Pour plus de sérieux…

Published in: on 11 mars 2009 at 9:38  Laisser un commentaire  
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