Aujourd’hui, j’ai entendu…

… une dame d’un certain âge, rouge à lèvres qui porte bien son nom, pas liftée mais presque, qui m’a demandé d’où je venais alors que je donnais mon numéro de téléphone à une jeune employée de la banque dont le distributeur automatique m’avait embarqué un billet que je voulais retirer (cette phrase est très longue).

Je lui ai répondu que j’étais français. « Ah, je croyais que vous étiez brésilien vu comment vous prononcez les numéros », m’a-t-elle dit. Je me suis senti flatté, c’est la première fois qu’on me prend pour un natif. Quoique les rabatteurs d’ONG qui attrapent les passants des rues du Centro de Niteroi commencent à s’intéresser à moi alors qu’avant, je sentais le « gringo » à deux kilomètres.

L’employée de la banque a répété mes numéros. « Vous voyez, elle les prononce comme vous ! » constate ma gentille dame, ne laissant pas la jeune femme en finir avec mon cas. « J’ai appris le français il y a très longtemps, à Brasilia, à l’Alliance française, bonjour, comment allez-vous ? » s’exclame-t-elle, fière d’afficher ses quatre mots de français.

L’employée tente alors d’en placer une, mais non, la dame poursuit : « J’avais une amie qui me disait toujours ‘débrouiller’, ‘débrouiller’, comment on dit en portugais ? » Je lui réponds que je ne sais pas. Elle me propose une traduction que je ne peux confirmer et continue son histoire, tandis que je vois ma banquière qui bout d’impatience de clore notre entrevue.

J’aide cette dernière en m’adressant de nouveau à elle pour la remercier de son intervention en ma faveur (et celle de mon compte en banque). La dame comprend qu’il est temps d’en finir. « Très bien, va avec Dieu », me glisse-t-elle en partant. Amen.

Published in: on 10 avril 2014 at 2:25  Laisser un commentaire