N’est pas San Antonio qui veut

Ce fut l’apéritif de trop. Les époux Titegoutte plaident à nouveau la bonne foi devant la 23e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris. M. Verdeau était un alcoolique notoire. « Sa femme l’avait quitté, sa fille ne voulait plus le revoir, il noyait son chagrin dans le pastis. ça devait bien arriver un jour… », explique calmement le mari, Germain Titegoutte, 59 ans. Le président de la cour ne boit pas de cette eau-là : « Et ce soir-là, il s’est mis au whisky ? Une bouteille pour lui tout seul ? » La défense patauge.

Les époux Titegoutte ne sont pas nets. Locataires depuis 22 ans d’un petit appartement de la rue des Pyrénées, ils sont accusés d’avoir provoqué le décès de leur propriétaire, François Verdeau, par overdose d’alcool. Le corps de la victime, qui habitait le logement du dessous, a été retrouvé devant sa porte, dans un coma éthylique aggravé. Les époux Titegoutte clament leur innoncence, indiquant que M. Verdeau serait tombé dans les escaliers en voulant rentrer chez lui, après cet apéritif fatal.

Pourtant, l’avocat de la partie civile, Me Pineau, n’en démord pas. Selon lui, le mobile est clair comme de l’eau de roche. La victime, 74 ans, n’avait en effet plus toute sa tête et par excès de bonté, il avait signé une lettre promettant à Germain et Corinne Titegoutte l’acquisition définitive de leur logement après sa mort. Les accusés auraient alors décidé de précipiter la bonne affaire.

L’avocat des époux Titegoutte, Me Ratafia, défend ses clients avec pugnacité. Ils s’entendaient très bien avec M. Verdeau qui passait régulièrement les voir : « Ils étaient même partis plusieurs fois en vacances ensemble, au camping Les Pinèdes de Pertuis, dans le Vaucluse. » Modestes mais pas dans le besoin, ils n’étaient plus très loin de la retraite : « Ils voulaient se retirer à la campagne et finir leur vie tranquillement. Ils n’avaient vraiment pas besoin de ça ! » La coupe est pleine. L’avocat s’emporte, critique cette justice qui s’en prend systématiquement aux petites gens.

« Je vous rappelle, cher maître, qu’un entonnoir avec des traces de whisky a été retrouvé sous le matelas des prévenus. » La dernière réplique du président est sanglante. Il rend son arrêt dans la foulée : il y aura des barreaux aux fenêtres de la maison de campagne des époux Titegoutte.

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Published in: on 7 novembre 2009 at 7:29  Laisser un commentaire  

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